Climat: L’urgence à ratifier l’Accord de Paris

Au terme d’une visite dans l’Arctique où l’impact du réchauffement est deux fois plus rapide que sur le reste de la planète, la ministre française de l’Environnement Ségolène Royal a souligné dimanche qu’il est urgent de ratifier l’accord de Paris sur le climat car  lors de son séjour de 4 jours sur l’archipel norvégien du Svalbard, madame la ministre à en effet observé les effets du changement climatique sur un glacier qui a reculé de plus de 4 km depuis 1964. Elle a donc souligné dimanche l’urgence de cette ratification.

L’urgence de la ratification de l’accord

Le 22 avril dernier à New York, les dirigeants s’étaient concentrés au profit du climat au cours de la cérémonie de signature de l’Accord de Paris sur le climat. Il a été signé et ratifié par 180 pays  jusqu’à aujourd’hui et il a aussi été approuvé par  23 parties qui représentent 1% des émissions mondiales. Un groupe de 130 investisseurs institutionnels internationaux a demandé aux pays du G20 une accélération rapide de la transition énergétique à l’approche du sommet de G20 qui se fera le 4 et 5 septembre prochain à Hangzhou dans l’est de la Chine. Les dirigeants sont sollicités aussitôt que possible cette année  à ratifier l’accord international de Paris sur le climat par les investisseurs qui sont AXA, BNP Paribas Investment Partners, Aviva Investors Aegon et HSBC Global Asset Management. Le courrier a souligné que «Plus tôt les pays s’engageront dans ce processus, plus tôt les investissements y bénéficieront d’une sécurité accrue face au risque climatique et seront plus à même de favoriser les solutions bas carbone et zéro carbone».

Ces investisseurs qui affirment avoir quelque 13 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion incitent aussi les pays du G20 à supporter le doublement de l’investissement mondial dans les énergies propres jusqu’en 2020. Et ils parlent aussi de la mise en place du prix du carbone. Les premières initiatives faites par les pouvoirs publics pour offrir un prix à la pollution au carbone indiquent que la diminution de l’émission  du carbone apporte une source de revenus beaucoup plus importante. Les Etats et les collectivités concernés avaient eu un bénéfice de 26 milliards de dollars en 2015, soit 60% de plus que l’année dernière sur la facture des émissions de carbone d’après la dernière édition du Carbon Pricing Watch 2016 fixé par la banque mondiale.

Une quarantaine de pays et plus de 20 villes, Etats fédérés ou provinces  qui représentent un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre ont déjà offert un prix au carbone en ce moment. Sept des dix plus grandes économies mondiales sont dans cette liste. Les outils de prix du carbone concernent dans l’ensemble quelque 7 gigatonnes d’équivalent CO2, soit 13% des émissions mondiales ce qui veut dire que 1800 centrales électriques à charbon seront fermés pendant une année. Le chiffre montre en ce moment leur valeur totale d’environ 50 milliards de dollars. Dans les plans nationaux, plus de 90 pays citent les systèmes d’échange de quotas d’émission, les taxes carbone ou d’autres instruments de tarification qu’ils ont montrés dans le cadre de l’Accord de Paris.

Ségolène Royal, présidente de la COP21, et Salaheddine Mezouar, futur président de la COP22, ont informé aussi par courrier le 4 août 2016, en même temps que l’appel des investisseurs tous les gouvernements signataires de l’Accord de Paris pour le climat. A la demande de Ban Ki-moon et Ségolène Royal,  une réunion importante aura lieu à New York le 21 septembre durant l’Assemblée générale des Nations unies. Elle a pour but de permettre aux pays qui ont fini leur processus de ratification de remettre leurs instruments. Et pour ceux qui ne pourront pas encore les remettre, ils doivent faire un engagement sur un calendrier précis de ratification. Ceci dans l’espoir d’atteindre avant la COP22 l’entrée en vigueur du double seuil nécessaire qui est prévue novembre prochain à Marrakech. 30 jours après le dépôt des instruments de ratification, d’acceptation, d’approbation ou d’adhésion par 55 pays représentant 55% des émissions mondiales, l’Accord de Paris pour le climat entrera  en vigueur.  20 Etats, représentant 0,40% des émissions de gaz à effet de serre, avaient déposé leurs instruments de ratification à la date du 29 juin 2016. D’ici la fin de l’année, la Chine et les Etats-Unis (les deux premiers pollueurs de la planète) ont fait part de leur intention de ratifier l’accord.

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